Pine (PC) – Le test

Pine, c’est avant tout un rêve, celui d’une petite équipe, pas encore connue et pétrie de bonne volonté, de rêves plein la tête et qui, au détour d’un kickstarter -en 2017-, forte d’un Unity Award -en 2016- ont partagés leurs douces rêveries et profonds espoirs avec une communauté de gamers aux aguets. Il faut dire que les ambitions du très jeune studio envoient du lourd, en citant la série the Legend of Zelda comme inspiration première, mais aussi d’autres licences extrêmement populaires, pour se vendre, ils avaient alors détaillé leurs aspirations, on y retrouvait donc du Fable, pour sa progression totalement dépendante des choix du joueur, du BloodBorne pour son système de combat difficile et impitoyable mais jamais injuste, et enfin, du Middle Earth : Shadow of Mordor, ici pour le très populaire système Némésis. C’est d’ailleurs ce point qui fit le plus parler de lui et qui conduisit en partie au succès du Crowdfunding.

Si l’on à ici à faire à une équipe d’étudiants n’ayant à leur actif qu’un seul jeu sorti uniquement sur tablettes via l’Apple store Néerlandais et US, on n’est néanmoins pas face à des amateurs, étant donné les résultats de leur premier jeu, à la fois classique et innovant. On repensera aussi à leur Award, si vous suivez un peu ses récompenses, vous savez que de très nombreux grands jeux de la sphère indé y ont été célébrés (shadow tactics, CupHead, Kerbal Space Program pour ne citer qu’eux!). Ce n’est pourtant qu’en Aout 2019 que Pine s’annonce sur Nintendo Switch, lors d’un Direct de la firme nippone, et y passe injustement presque inaperçu !

Mais déjà, le système Némésis, c’est quoi ?!

Mis au grand jour par le jeu La terre du milieu : l’ombre du Mordor (Shadow of Mordor), le système Némésis fût aussi popularisé par Mass Effect 3, ses basiques sont simples à comprendre : il s’articule autour d’un enseignement de vos actions en jeu par l’IA, qui s’adaptera en conséquence, si tant est que ses actions soient connues ou pas. En clair ? Si vous tuez un PNJ, les siens seront au courant, mais aussi les autres factions, plus ou moins rapidement selon la distance et le temps que mettra l’information pour circuler. Vous haussez les épaules ? Ouai, ok, autre exemple, si vous affronter un adversaire avec une certaine stratégie, disons, toujours de l’arc, il s’adaptera pour contrer cette stratégie et vous forcer à vous adapter vous aussi en conséquence. Le pattern de chaque ennemi peut donc changer selon votre style de jeu, mais aussi selon le caractère de chaque individu. Ainsi que selon les animations possibles pour chaque personnage, le tout dépend donc aussi du soin apporté au produit final et de son budget global. Vous l’aurez peut-être aussi compris lorsque je parlai d’information : le monde évolue sans vous avec le Nemesis System. Les personnages vivent et survivent que vous décidiez d’agir ou que vous lambiniez à papillonner de gauche à droite, les personnages non-joueurs interagissent les uns avec les autres, s’échangeant des denrées récoltées ou s’affrontant à mort.

L’histoire retiendra par ailleurs, que Pïne, non-content de son Unity Award, marquera aussi l’histoire de Nintendo en étant le premier jeu incluant le système Némésis à sortir sur l’une de leurs plateformes ! Cependant, ce n’est pas de la version Nintendo Switch dont nous allons parler dans ce test, encore que la version Big-N sera aussi testée sur Nintendo-Town !

Un air de déjà Vu

Qu’on se le dise avant d’aller plus loin, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est très ressemblant au niveau de l’environnement général du titre. Un fait qui semble assez évident puisque les développeurs du titre ont cité la licence sortie sur Nintendo Switch et Wii U comme inspiration, et leur projet n’a débuté que quelques mois après les premiers visuels de ce que serait le premier Zelda en Monde Ouvert ! Alors oui, Pine à des airs cartoon, et se rapproche de fait de son homologue, en s’en distinguant clairement, on n’est pas ici dans un genre Manga hyper Cel Shanding, mais plus porté par des inspirations diverses donnant un rendu sérious-cartoon aux confluences multiples. La 3D se démarque de fait assez nettement et l’univers général du titre de Twirldbound n’en est que plus marquant et prenant.

Plus c’est long, plus c’est bon.. !

Le jeu se lance donc, et vous débutez dans un petit village, peuplé uniquement d’humains au look assez particulier. On est pas dans le joli trait d’un Zelda ou dans le réalisme d’un shadow of’, et l’empreinte du jeu se démarque déjà sur se premier aspect, un choix graphique pour les skins Humains qui pourtant intervient dans les derniers mois de production, tel en atteste la page du KickStarter toujours accessible ici. Au long de l’aventure, on incarnera un jeune adolescent, et si les premiers instants servent de gros tutoriel, on ne s’en rend réellement compte qu’après une à deux heures de jeu, lorsqu’une merveilleuse musique se lance et que l’on a le droit au logo du jeu : Ça y est, vous allez pouvoir réellement commencer à jouer. Alors oui, c’est un peu long comme introduction, mais on y voit pas le temps passer, pour tout dire, l’histoire se pose de manière assez calme et cohérente pour nous intriguer et nous intéresser tout en nous apprenant les fondamentaux et cela accompagné d’une bande son assez exceptionnelle, loin de ses consorts d’inspiration, à la fois lente et agréable. Le titre ne vous pousse clairement pas à jouer bourrin ou pressé, bien plus doux et mélancolique, ses airs de Miyazaki porte forcément à la contemplation et l’émerveillement. Et le jeu débutant sur les hauteurs montagneuses, vous serez peut-être comme moi conduit à vous arrêter un instant pour admirer la vue. On le sait pourtant, le système Némésis ne va pas nous permettre de flâner tout du long.

Ainsi Pine pose ses bases, dans un monde où les humains n’ont ni atteint le sommet de la chaîne alimentaire, ni colonisé quoique ce soit d’autres en dehors de leur petit habitat, Hue, votre personnage, devra partir à la recherche d’une terre viable dans un monde ouvert Anthropomorphique peuplé de créatures elles aussi beaucoup plus d’inspiration Ghibli que de Breath of the Wild ou Shadow of Mordor.

À la fois négatif et positif, vous ne pourrez donc pas créer VOTRE personnage et serez contraint, à l’inverse des canons actuels, de jouer un personnage d’un sexe défini et d’un physique lui aussi défini. Nous ne sommes pas dans Assassin’s Creed ou Skyrim et aucun de ses titres n’a d’ailleurs été cité comme inspiration. Rien d’étonnant, mais il semblait important de le préciser, puisque nombreux sont les jeux en monde ouvert vous permettant un minimum de personnalisation, je ne crois d’ailleurs pas que permettre d’incarner un personnage masculin ou féminin aurait tant nuit que ça à la trame ou posé tant de soucis de conception… Néanmoins, on ne va pas se plaindre qu’un livre ne nous permette pas de changer les personnages selon nos envies et Pine comme de nombreux jeux devrait avant tout se vivre sur sa globalité plutôt que sur ses détails regrettables, mais en rien dérangeants.

Au niveau du GamePlay

Vous serez très rapidement conduit à croiser d’autres peuples, qui ne savent pas qui vous êtes et qui seront donc neutre envers vous, mais si comme moi, vous croisez deux factions en train de s’affronter dès les débuts, et que vous décidez d’intervenir, mû par un esprit bourrin et des notions de jeu dont vous êtes le personnage le plus badass, il faudra garder en tête que, certes, vous aurez essayé de les empêcher de se battre mais, surtout, que vous les aurez agressé ! Pire encore, qu’il faudra les voir s’allier contre vous et là, il est fort à parier que vous y laissiez des plumes, ou des points de vie. À moins de fuir… On comprend alors l’importance du Nemesis au cœur de la façon de jouer, mais aussi qu’il sera nécessaire de se pratiquer un peu la prochaine fois, avant d’attaquer tout ce qui bouge ! Parce que, vous n’êtes qu’un humain et à l’image d’un bloodBorne, il faudra bien calculer vos attaques et vos déplacements pour ne pas mourir bêtement. Une mort qui surviendra sans être trop pénalisante puisque le jeu sauvegarde automatiquement et vous permet aussi, d’avoir quelques sauvegardes réalisées par vos soins.

Il est d’ailleurs à noter que ses sauvegardes conservent le stuff ramassé, mais ne vous ramène pas exactement à l’en droit sauvegardé, ni certains ennemis abattus lorsque script il y a.

Pour les combats, vous aurez le choix entre des attaques classiques, avec une arme à une main, un coup de pied pour repousser ou étourdir, une attaque sautée, différentes esquives et contre-attaques et plus tard, la défense avec un bouclier, un arc et des flèches de différentes qualités (comme toutes armes et boucliers) mais surtout, de différents effets. Si tout ceci listé semble être beaucoup, en jeu, on ressent que c’est à la fois nécessaire et suffisant. On n’a pas l’impression de trop et certains auront peut-être l’impression d’un trop peu par l’absence de système tel que du QTE. Vous serez donc mû par une barre de vie, une barre d’énergie, vous offrant la possibilité de sprinter et de porter vos coups, il est même possible de sauter, ça paraît con, mais certains jeux en monde ouvert récents (et indépendants aussi) ne le permettaient pas dès leur sortie. Le seul petit reproche que j’y ferai, c’est l’impossibilité de grimper à autre chose que des échelles, notre personnage, s’il veux passer par des sentiers non convenus de certaines hautes montagnes, devras sauter comme on pouvait le faire sur Skyrim, sur les jointures de textures des différents reliefs jusqu’à trouver des zones plus hautes ou on peux marcher. Mais attention, ce n’est que dans le cadre de reliefs où il serait incohérent de marcher tant ils sont pentus et rien en vous empêche d’y trouver des routes conventionnelles !

Comme dans son homologue exclusif aux Nintendo Switch et Wii U, Hue ne gagnera aucun XP, il sera donc primordial d’améliorer votre équipement, et ce, par le biais du craft, si tant est que vous ayez acquis les connaissances des différents équipements constructibles dans le jeu (que vous obtiendrez via des missions, avec le marchand, dans des coffres dispersés au travers du Monde, ou lors d’événements plus scénarisés) et que vous aurez les objets nécessaires à leur fabrication. Objets qui seront une autre composante majeur du soft par le biais du troc, car ici, pas de joyaux, de pièces d’or ou autre monnaie quelconque, non, vous êtes sur une île peuplée de tribus, ce qu’ils font, c’est du troc. Ses échanges influeront eux-aussi sur la manière dont vont vous percevoir les concernés, mais aussi les autres tribus qu’elles soient alliées ou ennemies.

Un autre point important sur ce système est que, comme je l’ai déjà dit, le monde d’Albamare vis sans vous, les peuples envoient des ramasseurs et si vous passez après eux, tant pis pour vous ! Ils se font aussi des échanges des achats et ventes entre eux, donc si vous allez sur un vendeur et que vous hésitez à troquer, vous ne serez pas sûr qu’il ait toujours ce que vous désirez dans quelques instants… Ni même qu’il voudra toujours vous parler ! Oui, même là, Pine vous fera comprendre que c’est un jeu de décision et qu’il n’est pas envisageable de lambiner, votre peuple à besoin de vous, et vous avez besoin des autres peuples. Cela dit, rien ne vous empêche de choisir de lézarder et voit l’impact que ça pourrait avoir…

Finalement, ce que beaucoup avait aussi vanter en dehors du système de Shadow of Mordor, c’est les donjons, et pour ceux-ci, il serait difficile de donner un avis trop précis sans spoiler, mais disons qu’ils sont assez rapides et simples pour la plupart, se contentant de mécaniques souvent assez similaires et bien moins vastes que dans d’autres jeux du genre. Néanmoins, certains pourrons poser quelques soucis aux moins attentifs et patients parmi les joueurs, il sera alors aisé de rester bloquer sur une partie de donjon. De là à les classer comme difficiles, certainement pas. Au contraire, les plus aguerri, du genre risquent de rouler littéralement sur le sujet, mais c’est malheureusement le cas même dans les plus gros jeux du genre RPG et pourvu de donjons. Au moins, aucun d’eux n’est hors propos ou ne dénote avec l’ambiance et la trame de l’univers mis en place.

Pas que du positif…

Comme je l’ai dit, on aurait aimé pouvoir grimper comme avec Link dans Breath of the Wild premier du nom, les sauvegardes qui ne gardent pas très exactement le lieu (à quelques pas prêts) pourront aussi en déranger certains. Je regrette aussi l’absence de vie sous-marine, alors qu’il y a des rivières et que l’île est entourée d’eau, on peux y nager, mais pas y plonger. C’est tout aussi regrettable que sur Zelda… Ce n’est pourtant pas quelque-chose de difficile pour un être humain, et puis, un peu de poissons dangereux pour nous forcer à sortir vite de l’eau, ça aurait pu être drôle ! Enfin, je dirais qu’il manque de variété dans la faune en général, on a droit à suffisamment de peuplades différentes, mais très peu d’animaux. Encore une fois, ce n’est pas trop gênant, l’île reste assez « petite » encore que je ne doute pas que certains achèteront quantité de kits pour le voyage rapide, car oui, il est limité en nombre de kits crafter/fabriquer ou échanger. Mais voilà : une espèce de prédateur, une de quadrupède, une de piaf et une d’animal mignon, c’est très peu, trop peu.

J’ai aussi regretté un événement scénarisé, c’est d’ailleurs le seul reproche qui sorte vraiment de l’immersion et du plaisir de jouer à un bon rpg (alerte spoiler ?) où vous aurez une course à faire face à un autre personnage, malheureusement, le personnage en question n’est pas présent au moment de la course, vous n’aurez que des points de contrôles et un chronomètre où il faudra arriver avant la fin du décompte. Ça n’arrive qu’une fois et c’est vraiment une facilité digne d’un vieux jeu, là où l’on parvenait à oublier le faible coût de développement. On sort un peu du jeu sur cette mission-là. Du moins, moi, j’en suis sorti.

Conclusion
Pine vous fait pénétrer l'âme de son univers en procurant d'extraordinaires émotions sensorielles, porté dans l'extase d'une BO grandiose. Le titre de Twirlbound studio, met l'écologie au cœur du Nemesis, bien au delà d'un jeu d'aventure, d'un jeu d'action ou d'un rpg, il porte un message écologique et écologiste où l'humain doit gérer son environnement, apprendre à vivre avec et y faire les choix qui colleront à ses ambitions. De ce fait, il lui sera impossible d'être parfait, à moins de se couper définitivement de celui-ci, et personne ne veux songer à cela. C'est donc une fable orchestrée avec brio sur chacun de ses points et auprès de laquelle il serait fort dommage de passer à côté ! Le jeu, vendu sur Steam à une vingtaine d'euros à sa sortie, vous permettra pour les plus rapides et pressés de finir la quête principale uniquement en une vingtaine d'heures. Le jeu offrant plusieurs possibilités pour ne pas se presser, ainsi que des sous-quêtes et de nombreuses choses à découvrir et crafter, il sera aisé d'y consacrer plus de temps et d'atteindre les quarante heures en n’ayant toujours pas terminé l'histoire directrice. En tant que fable comme en tant que jeu en monde ouvert, Pine est un indispensable dont il vous faudra éclaircir les mystères et secrets sur ordinateur ou sur console hybride ! Cependant, espérons qu'il soit suffisamment optimisé sur sa version Nintendo Switch et je vous donne rendez-vous pour le contre test et comparatif lors de la sortie de la mouture en question !
Points positifs
  • Un monde ouvert beau et rempli
  • Le système Némésis
  • Sound design aux petits oignons
  • Son système de combat agréable
  • Bande-son merveilleuse
  • Réussi graphiquement
  • Jeu en français
  • Pensé aussi pour les complétistes
  • Très bon rapport qualité/prix
  • Gameplay cohérent et fluide
Points négatifs
  • Système de sauvegardes discutable
  • Un personnage incapable d'escalader
  • Ses bugs (j'ai eu des retours à ce sujet, mais je n'en ai rencontré aucuns, dépendant peut-être de votre configuration)
  • Oubli de traduction d'un panneau vers la fin du jeu (panneau avec peu d'importance)
8.6
Génial
BO - 10
Graphismes - 9
Gameplay - 7
Fun - 8
Contenu - 7
Durée de vie - 9
Sound Design - 10
Accessibilité - 9
Histoire - 10
Qualité du Nemesis - 7
PikaKhan
Ecrit par
Mon barème; 5: Correcte, 6: Cool, 7: Génial, 8: Parfait, 9: Mythique, 10: Fantasme :) A partir de 6, le jeu n'est pas un mauvais achat ! ^^ Twitter: @OignonKnight @NintendoTown

7 commentaires

  1. Man Uto

    il a été tres décrié a sa sortie.
    Mais les patchs arrivent pour rendre le jeu plus agreable a jouer.
    Je compte bien m’y mettre en 2020

    Répondre
    • AkikoYunicia

      Je confirme qu’attendre un peu est une bonne idée. La version Switch s’améliore mais ce n’est pas encore ça. J’attends les patchs avec impatience et l’avis comparatif de Pika par la même occasion =)

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  2. Orchidia01

    Au final il s’en tire bien ^^

    Répondre
  3. Lestef

    “… au cul cria la Baronne!” Un jeu sympathique, un bon test et une citation paillardesque qui ne fera pas rire tout le monde mais j’ai pas pu m’en empêcher. Désolé!

    Répondre
  4. Juliuxx Potter

    C’est le test de la version PC ? ‘-‘

    Répondre
    • AkikoYunicia

      Oui Julie c’est la version PC. Pika Va faire le contre test sur Switch =)

      Répondre

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