Super Blood Hockey (Nintendo Town) – Le test

Pour les anciens du jeu vidéo, les poilus du gamepad, les jeux de sports ont une place un peu particulière. Leur évolution vers un gameplay suffisamment profond pour attirer durablement les joueurs a pris du temps. Les développeurs de l’époque devaient donc trouver mille et une astuces pour rendre leur jeu unique. L’une de ces astuces fut de prendre un sport et de le faire jouer par des brutes épaisses qui ne pensent qu’à se mettre sur la tronche. Ainsi, tirèrent leur épingle du jeu des ovnis inoubliables tels que Nintendo World Cup sur Nes ou Brutal Sport Football sur Amiga. Super Blood Hockey, du développeur indépendant, solitaire et finlandais Loren Lemcke, reprend le flambeau de ses glorieux ancêtres et tente de faire revivre les joies du sport décomplexé et sans règles.

Bloody Ice Hockey

Commençons par attaquer sérieusement ce test, parce que vouloir faire revivre les joies d’antan c’est bien, mais il faut assumer derrière. Premier tour par le menu : le jeu propose d’entrée le mode exhibition qui permet de choisir son équipe et de jouer un match seul ou avec ses amis, en tant qu’adversaires ou coéquipiers, jusqu’à quatre joueurs. Certains affirmeraient que le contrat est déjà rempli, pas nous, car l’exigence est notre métier ! Heureusement Mr Lemcke ne s’est pas arrêté là : un tutoriel pour apprendre les bases, simple, efficace et drôle. Un mode tournoi pour …organiser des tournois. Un mode challenge dans lequel vous devrez réaliser des objectifs tels que battre une équipe en 4 vs 8 ou jouer en 12 vs 12 … et enfin, cerise sur le palet : LADIES AND GENTLEMEN : LE MODE FRANCHISE !

Le mode franchise, c’est un peu comme si Ice Hockey avait couché avec Football Manager, mais en étant sous LSD. Le résultat de cette union est complètement barré. Vous dirigez une équipe de Hockey que vous souhaitez inscrire pour participer à la league de Blood Hockey. Vous êtes donc reçu dans un bureau, si les taches de sang au sol ne vous inquiètent pas, peut-être les deux vigiles le feront. Et si ce n’est toujours pas le cas, le discours du dirigeant viendra entériner l’affaire : une inscription, ça coûte un rein. Ce n’est pas un jeu de mots, vous devrez vraiment donner un de vos reins ! Avec la somme de sa vente ainsi obtenue, vous pourrez vous inscrire et même recruter des membres pour votre équipe.

Comme le Blood Hockey ce n’est pas pour les chiffes molles, vos joueurs se recrutent parmi la piétaille du pénitencier juste à côté. Et puis comme ils doivent être présentables, il faudra vous en occuper convenablement : de la musculation pour renforcer leur capacité à se bastonner, un régime adéquat pour optimiser leur vitesse de patinage et puis si ça ne suffit pas, sans le dire à personne, un petit coup d’anabolisant et hop l’affaire est dans le sac.

En fonction de vos réussites, ou de vos échecs, vous pourrez vendre vos joueurs pour en acheter de plus performants ou de moins chers. Vous pourrez aussi soigner vos joueurs pour réduire leur trauma crânien. Et en cas de décès, il sera toujours temps de découper ce qui restera de votre joueur pour tirer le meilleur parti financier de ce qu’il en reste et ainsi rebâtir une équipe sur des bases …. saines. Vous l’aurez compris, Super Blood Hockey ne se prend pas au sérieux et offre un mode histoire complètement halluciné qui nous entraîne directement dans son univers certes sanglant, mais tellement décalé et drôle. Seul reproche, c’est qu’une fois la franchise lancée, la gestion se fait sans aucun scénario, les matchs s’enchaînant en fonction d’un planning. C’est dommage, continuer cette histoire si bien lancée aurait été agréable.

Brutal Sport Hockey

Si le fond a été soigné dans Super Blood Hockey, la forme n’est pas en reste. Le pixel art est de qualité. Nos joueurs, que ce soit sur la glace ou au camp de base, ont tous leur propre aspect. Ils sont parfaitement animés, que ce soit sur le lit d’hôpital, sous la douche ou en train de souffrir dans une mare de sang sur la patinoire. Lors des sessions d’entraînement, il n’est pas rare de passer son temps juste à les regarder déambuler dans les vestiaires tout en lisant leurs commentaires. Ceux-ci sont entièrement en anglais et non traduits, mais s’ils ajoutent une touche d’humour, ils ne sont pas nécessaires au jeu.

La musique est elle aussi exemplaire, une mélodie digne des titres 8 bits. Elle reste accrochée dans la tête même une fois la rencontre terminée. Si vous êtes tombés amoureux de titres tels que Punch Out ou Mega Man 2 sur Nes pour certaines de leurs musiques de stage devenues cultes, alors Super Blood Hockey va vous remplir bien comme il faut les oreilles avec sa bande son tout en rythme.

Les matchs se déroulent eux aussi fort agréablement. La sensation de glisse et de patinoire due à l’inertie de nos joueurs est très bien rendue, mais elle reste parfaitement contrôlable. À aucun moment l’impression de ne rien contrôler ne viendra ternir un si beau tableau. Vos joueurs auront des poids différents, faisant varier leur vitesse et leur capacité à bien tenir sur la glace lors des virages, à vous donc de bien gérer votre équipe et de recruter des joueurs qui seront adaptés à votre style.

Les choix de couleurs permettent une lecture simple et claire de ce qu’il se passe à l’écran. Que ce soit pour repérer les joueurs suivant leur équipe ou pour déterminer quel est le joueur actif, même le daltonien que je suis (hein ?  Tout le monde s’en fout, ah pardon !) n’a eu aucun problème pour se repérer lors des parties à quatre sur un même écran. Les traces de sang sont assez amusantes, mais disparaissent, tout comme les joueurs blessés, à chaque tiers temps ne gênant ainsi jamais la lisibilité de l’action.

Les contrôles répondent au doigt et à l’œil. Seuls quatre boutons (ainsi que le stick directionnel forcément) seront nécessaires. Vous pourrez faire une passe, tirer en ajustant la puissance et la direction, changer de joueur actif et bien sûr mettre un bon coup de crosse à tout ce qui passe à votre portée (l’arbitre par exemple, niark niark niark). C’est très facile à prendre en main, en quelques secondes, ces commandes simples permettent d’y prendre plaisir.

Marquer un but vous demandera certes un peu de travail, le gardien étant loin d’être un manchot. Ne vous attendez pas à mettre 43 fois le palet au fond des filets. Il vous faudra du temps pour trouver le rythme, apprendre à feinter le gardien ou faire la passe et enchaîner un tir au bon moment. Mais une fois ces techniques maîtrisées, le jeu perd beaucoup de son charme, les mêmes schémas se répètent et permettent de gagner à chaque match, la difficulté n’évolue pas et le manque de profondeur du gameplay empêche de s’amuser comme à nos débuts.

Bien sûr la partie multijoueur est une des composantes les plus importantes du titre de Mr Lemcke. Chaque match est jouable jusqu’à 4 joueurs. Que ce soit en mode franchise ou en match d’exhibition, vous pouvez, si vous en avez la possibilité, ne jamais être seul. Vous pouvez aussi profiter du mode exhibition pour affronter, dans la joie et la mauvaise foi, vos amis. Les débutants s’amuseront à empêcher leurs adversaires de profiter de la glace en leur tapant dessus, tandis que les joueurs aguerris tenteront de mettre en place leur talent pour déjouer la vigilance du gardien. C’est parfait pour une partie entre amis autour du même écran, mais vous ne pourrez pas affronter de joueurs en dehors de votre salon, Super Blood Hockey ne proposant pas de mode Online.

Conclusion
Pur jeu d’arcade, fun et accessible en un clin d’œil, Super Blood Hockey donne du plaisir dès les premières minutes, que ce soit seul ou surtout à plusieurs. Ses contrôles et son gameplay s’apprivoisent très vite et ne nécessitent aucune préparation, ce qui en fait un jeu d'apéro par excellence. Mais Super Blood Hockey offre aussi, via son mode franchise, un semblant de mode scénario, jouable là aussi à plusieurs, qui lui permet de vous tenir en haleine sur la distance. Ses graphismes, hommage aux jeux 8 bits, sont une vraie réussite et vous donneront de bonnes tranches de rigolade, et sa musique chiptune est accrocheuse. Par contre si vous cherchez un jeu de simulation, passez votre chemin, le manque de profondeur du gameplay étant le principal problème du titre pour tenir sur la longueur.
Points positifs
  • Le mode franchise et son humour bien noir offre un côté gestion agréable
  • Les graphismes en pixel art sont très soignés et variés
  • La musique accrocheuse est une merveille de chiptune…
  • Le gameplay, mélange de hockey et de castagne est parfaitement équilibré ….
  • Tout le titre est faisable en multi jusqu’à 4 joueurs
  • On peut défoncer l’arbitre
Points négatifs
  • … dommage qu’il n’y ait pas plus de pistes
  • .. . mais il manque de profondeur, empêchant le titre de tenir sur la longueur
7.8
Bon
Graphismes - 8
Musiques - 7
Gameplay - 8
Fun - 9
Tout en multi - 9
Durée de vie - 6
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

Poster un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Mot de passe perdu

Please enter your username or email address. You will receive a link to create a new password via email.

S'inscrire