Gnosia (Nintendo Switch) – Le test

Gnosia, du studio japonais Petit Depotto, c’est d’abord et avant tout, deux concepts qui semblent très opposés et qui, pourtant, viennent se croiser avec une telle harmonie que l’on se demande pourquoi personne n’y avait pensé plus tôt. Un visual novel, c’est une histoire à embranchement très balisée tandis qu’un Loup Garou c’est un hasard qui se renouvelle à chaque partie. Comment réussir à mêler ces deux univers pour en faire un tout cohérent et addictif, la réponse, cher lecteur, attendra la lecture des lignes qui suivent ou l’achat du titre du l’eShop….

C’est toi le loup !

À bord d’un vaisseau spatial, nous nous réveillons et sommes accueillis par Setsu qui vient nous expliquer la drôle de situation qui est la nôtre. Notre vaisseau est infecté par les Gnosia. Ceux-ci investissent le corps des membres de l’équipage dans le but de tuer leurs coéquipiers restés sains. Il nous faudra donc aider tout ce petit monde en discutant, accusant et défendant tel ou tel membre pour réussir à confondre ces cruels envahisseurs.

Après une session de cinq discussions, nous passons au vote. Le malheureux personnage élu devra se soumettre au choix de l’équipage et finir en sommeil cryogénique. La partie ne s’arrête pas là, puisqu’une nouvelle phase débute alors : celle des Gnosia. Pour peu que la personne en sommeil ne soit pas une entité extraterrestre ou qu’elle ne soit pas la seule, les envahisseurs restants en profiteront pour abattre un membre non infecté.

Cet enchaînement de cycles continuera tant que le nombre de Gnosia sera inférieur au nombre de membres sains ou tant que tous les Gnosia ne seront pas en caisson de cryogénisation. Une fois cette partie terminée, le vaisseau partira à travers le temps pour que ce schéma se reproduise. Dans un premier temps, ces boucles permettront à de nouveaux personnages de venir se greffer à notre aventure.

Ces protagonistes apporteront avec eux de nouveaux rôles dans l’équipage. À la manière d’un Loup Garou spatial, nous aurons un ingénieur, capable de mener une détection sur un membre pendant la phase de sommeil, un docteur qui pourra sonder les personnes cryogénisées et un ange gardien qui protégera une personne. Ce n’est pas tout, puisque le côté négatif sera aussi représenté avec les suiveurs. Sans être des Gnosia, ils travaillent avec eux pour éradiquer l’espèce humaine.

À chaque boucle, les rôles changent, tout comme les affinités entre les membres de l’équipage. Ces membres ont la possibilité de cacher leur rôle ou de mentir sur le leur. Autant dire qu’une fois toutes ces mécaniques mises en place, nous devrons faire face à de nombreuses possibilités. Seuls les caractères de chaque personnage ne varient jamais. À nous de comprendre comment fonctionne chaque membre pour détecter s’il dit la vérité ou non et mettre la main sur les Gnosia.

Mais que faire lorsque nous sommes Gnosia ? Et bien tout l’inverse, il faudra mener les soupçons vers d’autres personnes, de préférence saine, mais l’important reste notre survie propre, pour éviter de finir au frigo et pour mener à bien notre mission d’éradication. Comme chaque membre à sa propre personnalité, le mener par le bout du nez se révélera compliqué dans un premier temps. Interviens alors, après chaque boucle, qu’elle soit victorieuse ou non, la notion d’expérience.

Entre chacune de ces boucles, l’histoire avancera en suivant son petit bonhomme de chemin sous la forme d’intermèdes ou de discussions avec les membres de l’équipage. Nous aurons alors la possibilité d’interagir avec des choix de réponses. L’histoire ravira les fans de Science-Fiction même si elle met du temps à démarrer. Elle avance ensuite petit à petit et ne dévoilera sa conclusion qu’après une bonne quinzaine d’heures et plus de cent boucles, en tout cas pour le testeur. Sa conclusion reste d’ailleurs suffisamment ouverte pour offrir plusieurs interprétations.

Rien ne vaut un bon charisme

Gnosia propose donc un gameplay basé sur les règles du Loup Garou avec un habillage de Visual Novel. Mais joy-con en main, est-ce que cela marche ? Comme d’habitude, la réponse dépendra de toi cher lecteur assidu. La succession de boucles entraînera forcément une certaine lassitude au bout d’une dizaine de boucles faites d’affilées. Pour atténuer cet effet, une fois la totalité des règles et des protagonistes découverts, il sera possible de paramétrer nos parties pour atténuer l’effet de déjà-vu, mais il n’en reste pas moins que sur la longueur, Gnosia peine à se renouveler et l’on attend le dénouement avec de plus en plus d’impatience. Par contre par petites doses d’une à deux heures maximum, Gnosia s’apprécie bien plus et permet de progresser sans prise de tête.

D’un point de vue graphique, si les environnements des tableaux sont assez classiques, la direction artistique des personnages est globalement plus inspirée, bien que quelques-uns des protagonistes manquent cruellement d’originalité. Toutefois le soin apporté à leur design est un sans-faute. Chaque dialogue que nous vivrons fera varier leurs mimiques et leurs postures. Les phases de narration s’enchaînent ainsi sans aucune lassitude et nous nous prenons très vite à essayer de décrypter le plus petit des signes pour deviner l’appartenance de notre interlocuteur.

Si très vite nous comprenons que tel ou tel membre est en fait un Gnosia, faire partager notre point de vue au reste de l’équipage est une toute autre affaire. C’est à ce moment que l’expérience acquise dans les premières parties se révélera utile. Nous aurons la possibilité de l’utiliser pour améliorer différentes caractéristiques. Ainsi notre intuition nous permettra de détecter plus facilement les menteurs tandis que notre charisme nous permettra d’imposer plus facilement notre point de vue.

À nous de voir comment répartir au mieux ces points pour l’adapter à notre style de jeu. Qu’elle soit un succès ou une défaite, chaque boucle nous apportera de l’expérience et il est tout à fait possible de mixer plusieurs caractéristiques durant la même partie, sans pour autant négliger les autres. Il est donc intéressant de remplir équitablement chacune des jauges et en privilégiant une plus particulièrement de temps en temps.

De plus en plus complexe au fur et à mesure de notre avancé et des choix de personnalisation de parties, Gnosia ne se montre pas pour autant injuste. Une base de données sur les membres de notre équipage viendra nous aider en nous fournissant des traits de caractère pour nous aider à mieux appréhender les réponses de chacun. Ainsi nous apprendrons qu’untel est un très mauvais menteur tandis qu’un autre se montre toujours hautain. À nous d’utiliser ces informations pour avancer dans la traque ou pour tisser une toile de mensonges encore plus épaisse. Chacun des personnages a sa propre personnalité qu’il nous faudra appréhender.

Il nous reste à parler les deux gros points noirs du titre. Tout d’abord la localisation. Entièrement en anglais, il faudra maîtriser assez bien la langue des acteurs du quinze de la rose pour profiter de l’histoire et de ses péripéties. Et pour ceux qui maîtrisent l’aplatissement viril, mais correct du rosbif, il faudra alors réussir à passer outre la bande-son du titre. Si au début de l’aventure, son ambiance sombre est agréable, au bout de la quinzième boucle, elle devient franchement lassante et provoque même des maux de crâne. Un plus grand renouvellement du thème aurait vraiment fait du bien.

Conclusion
Gnosia, du studio Petit Depotto, réussit avec brio le mixage des règles du Loup Garou avec les codes du visual novel dans un univers SF. Il nous entraîne dans une histoire qui se laisse découvrir au fur et à mesure de nos parties et ses mécaniques, accouplées à son système d’expérience, en font un titre qui se renouvelle régulièrement et qui permet d’avancer sans frustration dans l’histoire. Malgré une lassitude qui s’installe lors des parties de plus de deux heures, il sait accrocher le joueur sur le long terme pour ne plus le lâcher sur le long terme. Ces personnages ont une foule de mimiques qui permettent de mettre en exergue les mécaniques et la narration. Seuls le manque de traduction et la bande-son viennent gâcher cette expérience vraiment rafraîchissante.
Points positifs
  • Les graphismes sont vraiment inspirés
  • Les mécaniques du Loup Garou fonctionnent parfaitement
  • L’univers SF de ce visual novel est intrigant du début à la fin
  • Le système d’expérience permet de progresser régulièrement dans l’histoire
  • La durée de vie est plutôt conséquente
Points négatifs
  • La lassitude s’installe durant les longues sessions de jeu.
  • La bande-son est vraiment répétitive et lassante
  • Un niveau correct en anglais est exigé
7.8
Bon
Graphismes - 9
Musiques - 5
Gameplay - 9
Narration - 8
Durée de vie - 8
znicoboc NT
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW fut une révélation , le plaisir est encore plus fort qu'avant

3 commentaires

  1. Shiishii

    Ce test me donne grave envie de l’acheter !

    Répondre
  2. Dommage, pas de français. Je comprend pas comment on peut sortir des jeux textuels sans traductions en quelques langues…

    Répondre
    • Parce que beaucoup de studio n’ont pas le luxe d’investir dans des traduction pour toucher un hypothétique public de niche qui, de toute façon, parle déjà anglais car ça fait longtemps qu’il a compris que pour profiter des perles indé faut parler autre chose que juste sa langue maternelle

      Répondre

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