Ponpu (Nintendo Switch) – Le test

Oyez, oyez !

Que les prétendants à la relève du roi Bomberman avance d’un pas !

Sieur Ponpu, vous venez devant nous séant pour ravir au roi sa couronne, vous savez que pour prétendre au titre, il vous faudra moultes qualités et que bien d’autre avant vous sont morts en tentant de défier le roi. Vous entêterez-vous à vouloir défier le roi, si oui, vous avez le droit à une dernière parole avant que les épreuves commencent, allez-y, c’est à vous.

– « CANARD !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

Voilà sans doute ce qui s’est passé dans la tête des développeurs de Purple Tree Studio au moment d’un briefing sur leur nouveau jeu, un bon gros délire qui tente de prendre la place du maître, mais avec des canards, parce que c’est plus la classe comme ça.

Le canard de vivre :

Dès la première seconde, Ponpu vous emmène dans son monde halluciné. Dans la galaxie du canard,  le terrible dieu canard se réveille et envoie, via des météorites, ses hordes pour conquérir le monde. Heureusement, le canard mystérieux veille aux grains et vous convoque vous, Ponpu, pour renvoyer cette engeance divine à ses pénates.

Après un si bon début, il fallait absolument que le reste suive. C’est le cas pour la partie graphique. Tout en noir et blanc avec des couleurs uniquement pour les yeux de vos héros à plumes ou des Boss, la direction artistique de Ponpu est magnifique. Chaque niveau a sa propre patte et les détails sont assez nombreux sans pour autant nuire à la lisibilité de l’action.

Malheureusement, la musique du jeu ne suit pas du tout, un peu trop agaçante et répétitive, elle est clairement en dessous du reste. Par défaut elle est d’ailleurs réglée à 50 %, ce qui étonne, dans un premier temps, prend tout son sens au bout de quelques minutes. Si les bruitages sont agréables et dans le ton toonesque du titre de Purple Tree Studio (donc réglé par défaut à 100%), il aurait été agréable d’avoir des musiques aussi fantasques.

Continuons dans les points qui ne sont pas à la hauteur : la durée de vie du mode solo. Comptez 2-3 heures pour en venir à bout. Chacun des six astéroïdes visitables compte 3 niveaux plus un boss. Pour avancer, il faut parcourir ces niveaux, y dénicher une clé et hop niveau suivant. Des secrets y sont cachés, débloquant ainsi des cœurs pour votre canard, mais ils ne sont pas vraiment difficiles à trouver. La plupart du temps, avoir l’œil ouvert suffit à les détecter. Les Boss sont, par contre, graphiquement très sympathiques. Trop classiques dans leur pattern, ils offrent un challenge peu compliqué, mais agréable. Le tout donne l’impression de se finir trop vite et laisse clairement sur sa faim, c’est dommage.

Le canard martial :

Mais, soyez honnête, le roi Bomberman n’est connu ni pour ses modes solo, ni pour ses musiques. Ce n’est pas sur ces points que se décidera le match entre les prétendants à la couronne, c’est sur le gameplay et la partie multijoueur que tout va se jouer. Que le sang va gicler et que les coups bas rappelleront aux âmes sensibles que jamais au grand jamais Bomberman n’a été défait de son titre, mais que Ponpu n’est pas non plus le perdreau de l’année.

Commençons par évoquer les mécaniques de jeu : avançons d’abord en terrain connu : un canard à diriger qui crache des œufs qui explosent au bout d’un temps déterminé. Très bien, c’est classique, efficace, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard (ahahahah). Et c’est pour ça que les développeurs de Purple Tree Studio ont développé leur bébé : ajoutez un dash pour fuir plus vite, ce n’est pas exceptionnel me direz-vous. Très bien, ajoutez alors une bombe spéciale qui peut vous congeler ou vous faire perdre les contrôles de votre canard, c’est un peu mieux…… vous êtes dur. Okay, alors pour vous faire plaisir, mettez-y aussi un bouclier qui permet d’envoyer valser vos œufs au loin. De renvoyer, si vous êtes dans le bon timing, les œufs qui arrivent sur vous. Et aussi d’étourdir les ennemis dans votre giron. Vous obtiendrez alors un gameplay bien plus riche et varié que ce qu’offre Bomberman. D’autant plus que la technique suit : aucun ralentissement et des contrôles qui répondent aux doigts et à l’œil.

Le roi titube, il est acculé dans les cordes, va-t-il réagir ? Il n’en a pas besoin, car cette accumulation de possibilités amène Ponpu à ne pas introduire de mécaniques d’upgrade des bombes durant la partie. Si le nombre d’œufs lançables en même temps n’est pas limité, leur puissance ne variera pas durant le jeu. Les arènes sont très classiques et rappellent fortement celle du souverain. Il faut être extrêmement attentif vu tout ce qui peut vous tomber dessus à l’improviste. Pour éviter la frustration des morts, votre canard a droit à une barre de vie et il repopera en cas de décès. Ça évite la crise de nerf, mais ça enlève un peu du plaisir du jeu à plusieurs et ça enlève surtout la tension de fin de partie. Le roi reprend du poil de la bête.

Le canard tire Chaud :

Ponpu vous offre aussi la possibilité de vous affronter dans trois modes de jeu supplémentaires : le combat à mort en équipe, qui reprend les règles du mode précédent, mais en équipe.

Le mode peinture : ou quand Bomberman rencontre Splatoon. L’idée fonctionne vraiment très bien et en équipe, elle fonctionne encore mieux. Les rôles de peintre et/ ou de perturbateur de l’équipe adverse sont très agréable à jouer. Les mécaniques de lancée d’œufs fonctionnent bien mieux et le tout est moins brouillon.

Et pour terminer : le mode chasse aux sous. Bien plus tactique en raison de l’absence de barre de vie, ce mode est, aussi, une réussite. Ici, chaque mort libère une somme d’argent qu’il vous faudra récupérer pour augmenter votre pécule. Moins brouillon que le match à mort, mais en chacun pour soi quand même, il faut aussi se méfier de tout, mais le rendu est bien moins bordélique. Tout dépendra de votre style de jeu. Si vous aimez le bordel, optez pour les matchs à mort (en équipe ou pas), si vous voulez travailler en équipe, optez plutôt pour le mode peinture. Enfin, si vous préférez des matchs plus tactiques, la chasse aux sous est faite pour vous.

Notez que tous ces modes sont disponibles en local, mais aussi en ligne et qu’une communauté déjà présente, permet de trouver des parties très rapidement. Aucun souci d’ordre technique ne fut à déplorer pendant ces sessions. La stabilité de la connexion a été au rendez-vous et aucun lag n’est venu perturber les débats.

Seul bémol à tous ces modes, ils ne sont, en aucun cas, personnalisables et la création de sessions en ligne privées n’existent pas. Vous jouerez avec les joueurs que Ponpu vous désignera, point final. Il manque aussi cruellement un classement sur les parties en ligne.

Conclusion
Ponpu a clairement acculé Bomberman dans les cordes. Par ses mécaniques plus complètes et ses différents modes de jeu, il permet de prendre un plaisir immédiat pour les débutants et de retrouver les plaisirs simples du jeu multi à écran fixe dans une variation agréable du devenu trop classique Bomberman. Pour les plus compétitifs, maîtriser l’ensemble des subtilités du gameplay permettra de réaliser des matchs bien plus intéressants et aboutis. Mais ils devront se cantonner à du local ou à un online sans classement. De plus, son mode scénario complètement barré et sa direction artistique ne laisseront personne indifférent. Une très bonne pioche qui pourrait ravir le titre si un prochain opus, que nous espérons, vient gommer ses quelques défauts.
Points positifs
  • La direction artistique est magnifique
  • Le scénario est complètement barré
  • Le gameplay offre bien plus de diversité que celui d’un Bomberman
  • Les trois modes de jeu sont complémentaires
  • La présence de joueur en ligne est suffisante pour jouer vite
Points négatifs
  • Les musiques sont décevantes
  • Pas de classement en ligne
  • Pas d’options de personnalisation des parties
  • Pas de session privé en ligne
7.4
Bon
Graphismes - 8
Musiques - 5
Fun - 10
Gameplay - 7
Contenu - 7
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

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