Voice of Cards: The Isle Dragon Roars (Nintendo Switch) – Le test

Suite à son annonce lors du direct du 24 septembre 2021, Voice of Cards a été annoncé sur Nintendo Switch avec une démo disponible. Avec Yoko Taro aux commandes, directeur artistique des excellents jeux de la série Nier, nous pouvons déjà nous faire une petite idée de ce que le jeu peut nous offrir. Cette fois-ci dans un jeu plus orienté RPG classique que dans un action aventure, voyons ce que nous réserve le dernier jeu de Square Enix.

Attention, “petit spoiler” ici sur les premières minutes du jeu, si vous souhaitez conserver la surprise, je vous invite à passer directement au prochain paragraphe !

Si vous aviez eu l’occasion de jouer à la démo, le jeu complet lui fait un sacré pied de nez. Telle l’intro du film RRRrrrr!!!, vous commencez la partie avec les trois personnages de la démo et le jeu vous indique avec un petit troll : “Ces trois personnages ne sont pas les héros de cette histoire”. Vous incarnez alors un autre groupe de personnages, Aragon (si vous ne changez pas le nom par défaut) et son compagnon Lazuli. L’histoire vous apprend qu’un dragon sévit dans la région et la reine fait appel aux aventuriers pour le chasser et le tuer, moyennant une coquette somme. Avide d’argent, vous vous ruez sur l’occasion pour vous inscrire et tout faire pour récupérer le pactole promis. Les premières minutes vous permettent de rencontrer un troisième personnage qui a pour objectif de tuer le dragon : Onyxa. C’est avec cette petite troupe que votre aventure débutera, tous charismatiques avec des personnalités attachantes. Mais vous êtes bien loin de vous imaginer ce que cette épopée vous apportera…

Puis-je avoir la carte ?

L’intégralité du jeu est régie par des cartes, allant du menu à la carte du monde. Le jeu n’est qu’un immense plateau sur lequel sont disposées de nombreuses cartes, créant ainsi l’univers dans lequel vous évoluerez, à l’instar d’un jeu de rôle papier, mais avec des cartes. Un narrateur sera là tout au long du jeu pour tirer les cartes et vous conter l’histoire. Ses interventions sont toujours opportunes pour faire mouche. Il vous mettra souvent dans des mises en situation où vous aurez des choix à faire qui impacteront votre aventure. Si vous avez déjà joué à Hand of Fate, le principe est le même dans les grandes lignes, en étant plus épuré et avec une dimension RPG bien plus marquée. Pas question ici de roguelike, ni de construction de deck, les cartes servent juste à la narration et à l’esthétique du jeu.

Tout comme un damier géant, l’exploration repose sur le déplacement de votre pion en avançant carte par carte. Celles-ci se retourneront au fur et à mesure de votre avancée, révélant ainsi le paysage lorsque vous êtes à l’extérieur ou les PNJ lorsque vous êtes en ville. Une fois les cartes retournées, elles restent face visible pour toute la partie, vous permettant de vous déplacer dessus. Au niveau diversité, vous trouverez des cartes plage, montagne, mer, forêt, désert, plaine ou coffre, chacune donnant vie à ce grand paysage. Les cartes montagne et mer délimitent le terrain et vous empêchent de vous aventurer en dehors des sentiers battus. Que ce soit en donjon ou à l’extérieur, vos déplacements vous mèneront sur des cartes événements, parfois positives, d’autres fois punitives. Elles apporteront de la diversité dans votre aventure grâce à leur aspect aléatoire avec l’apparition de marchands itinérants, d’évènements météorologiques, de monstres ou d’énigmes. Toutefois, comme dans tout RPG, vos déplacements mèneront à des rencontres aléatoires déclenchant ainsi un combat.

Des combats à la carte

Les combats vous mettent en scène sur une nouvelle interface ressemblant à un plateau de jeu en bois, sur lequel des dés peuvent être lancés. L’aspect esthétique est extrêmement bien soigné et vous donne tous les éléments essentiels à la compréhension du combat. Chaque personnage et adversaire dispose de trois caractéristiques : une valeur d’attaque, une valeur de défense et une valeur de points de vie. Lors de chaque attaque effectuée, les dégâts sont calculés en retirant à la valeur d’attaque la valeur de défense de la cible. Par exemple, si vous avez 10 en valeur d’attaque et frappez un ennemi avec 4 de défense, vous lui infligerez 6 points de dégâts. Passons maintenant aux choses sérieuses, au début de chaque combat votre équipe commence avec une gemme contenue dans une petite boîte (située en haut à gauche de l’écran). Cette boîte représente l’équivalent de votre mana et est commune à toute l’équipe. Au tour de chaque personnage, vous obtenez une nouvelle gemme avec une capacité maximale de 10 gemmes. L’attaque de base ne consomme aucune gemme mais vous débloquerez au cours de votre progression de nouvelles attaques et de nouveaux sorts qui viendront consumer entre une et cinq gemmes en fonction de leur puissance ou effet. Vous aurez alors une petite partie de gestion de votre mana pour savoir si vous allez favoriser l’attaque ou le sort d’un personnage en particulier pour vous faciliter les combats. Chaque attaque ou sort est représenté par une carte qui vous indiquera son effet et si un jet de dés est nécessaire. Les dés permettront d’amplifier les dégâts ou l’effet d’une carte avec une petite couche d’aléatoire, comme vous pouvez le retrouver dans un jeu de rôle. Par exemple, le sort de glace gèlera la cible si vous faites un 4 ou plus en lançant un dé à 10 faces. Évidemment, les monstres disposent du même principe lorsqu’ils vous attaquent. De temps à autre, des coups critiques pourront être infligés (aussi bien sur les attaques que sur les sorts), déclenchant alors une animation supplémentaire et augmentant les effets/dégâts de 50% de l’attaque initiale, vous serez alors ravis d’en obtenir sur des attaques à cible multiple ou sur un soin de zone. Pour peaufiner l’expérience de jeu, quelques malus peuvent être infligés tels que le gel, le poison, le silence, la paralysie ou encore la diminution de l’attaque ou de la défense. Toutefois, vous ne pouvez obtenir qu’un seul malus à la fois, le nouveau écrasant le précédent et tous les effets néfastes se dissipent à la fin du combat. Vous pouvez tout de même les dissiper en utilisant des objets pendant le combat, toujours via des cartes représentant votre inventaire. Il existe aussi des potions que vous pourrez consommer également en dehors des combats pour retrouver des points de vie. Pour finir, arrivé à un certain stade de l’histoire, vous débloquerez une fonctionnalité d’évènements aléatoires appelée “aléacarte”. Pendant toute la durée de combat (ou à chaque tour), vous obtiendrez un bonus ou un malus qui sera à votre avantage ou à celui de l’adversaire, cela pourra être une augmentation de l’attaque, de la défense, des gemmes gratuites, un gain d’or supplémentaire, le malus de silence sur tout le monde, etc… le principe d’un événement aléatoire finalement. Les effets sont bien jaugés, même lorsqu’ils sont négatifs, ce qui permet tout de même d’avoir des combats bien équilibrés et évite de vous prendre une grosse soufflante venue de nulle part qui décimera votre équipe en un tour.

Encore plus de cartes

L’expérience obtenue à la fin de chaque combat vous fera gagner des niveaux et apprendre de nouvelles attaques et compétences, parfois passives. Chaque personnage ne peut disposer que de quatre compétences utilisables en combat. Les compétences sont assez variées et permettent de créer de bonnes combinaisons, peu importe les personnages que vous ajouterez dans l’équipe. Il est tout de même recommandé d’avoir au minimum un sort de soin lors des combats pour vous économiser des potions et surtout parce que votre inventaire est limité à 30 objets. Vu tous les coffres que vous allez ouvrir et les quelques butins que vous obtiendrez en combat, cette limite sera très vite atteinte et vous devrez souvent aller vous délester dans les boutiques. Vous trouverez d’ailleurs différents types de boutiques : l’armurier pour votre équipement, la boutique classique pour des objets communs et l’apothicaire pour des potions aux effets variés. Vous aurez également des auberges à disposition pour récupérer l’intégralité des vos points de vie gratuitement. Le passage chez l’armurier est obligatoire à chaque nouvelle ville que vous découvrez afin d’obtenir des équipements plus puissants, vous octroyant plus d’attaque, plus de défense, plus de points de vie mais également une dernière statistique à ne pas négliger : la vitesse. Cette stat peut être augmentée au même titre que les autres via la montée en niveau mais certains équipements vous permettront de la booster un peu plus. Pour faire un parallèle avec un jeu de rôle, elle correspond à l’initiative, plus la vitesse est élevée, plus vous agirez vite lors des combats. Les adversaires que vous affronterez auront aussi une valeur de vitesse (cachée) et agir en premier ne pourra que vous être favorable alors ne négligez pas cet aspect.

Enfin, un dernier établissement vous accueillera pour un autre type d’activité : la salle de jeu. Vous affronterez ici des IA dans un jeu de cartes plutôt sympathique. Le décrire ici serait plutôt complexe donc retenez juste qu’il s’agit d’un jeu facultatif dans le jeu, vous permettant de débloquer des éléments cosmétiques et de récupérer des objets utiles à votre aventure (potions en tout genre). Les règles sont très bien expliquées quand vous lancez une partie et vous avez la possibilité d’y jouer directement depuis l’écran titre une fois l’activité débloquée. Les parties peuvent être jouées contre l’IA ou avec des amis en local (soit sur la même console, soit en réseau local, pas de mode online ici). Il existe quatre types de parties, chacune avec des règles spécifiques. L’équilibrage est bien pensé et les dénouements ne sont pas toujours ceux auxquels on peut s’attendre, un peu comme une partie de Uno ou de Mario Kart, tout peut basculer au dernier moment et c’est ce qui rend le jeu plaisant. Toutefois, nous n’y passerons pas des heures non plus, mais l’intention est là et ça fait plaisir.

Le dessous des cartes

Avec Yoko Taro aux commandes, le jeu dispose d’une seconde lecture très intéressante. Le monde tel que vous allez le parcourir n’est pas toujours tout blanc. En discutant avec les PNJ ou en affrontant différents monstres, vous aurez de temps à autre une notification vous indiquant que vous avez débloqué le verso d’une carte. Tous ces éléments sont consignés dans un compendium accessible depuis le menu dans la catégorie “Collection” et vous y trouverez des informations sur tous les personnages (héros, ennemis, alliés et PNJ) ainsi que les monstres. Le verso débloqué d’une carte vous apporte des éléments de background supplémentaires un peu plus sombres et parfois glauques. Mais c’est aussi ce qui fait le charme du jeu avec un univers qui paraît paisible en surface, mais qui ne l’est plus tant que ça lorsque nous creusons un peu. La collection vous permet également d’aller admirer les cartes de plus près en les affichant en grand sur votre écran. Pas très utile dans l’ensemble, hormis pour voir la finition des cartes qui, il faut l’admettre, est tout de même très qualitative.

Venons-en maintenant aux deux aspects les plus présents dans ce jeu : les graphismes et la musique. Vous l’aurez plus ou moins compris depuis le début de ce test mais l’esthétique du jeu est vraiment très soignée et impeccable, que ce soit les cartes pour représenter le monde, les cartes pour le combat ou encore les animations, tout est propre. Le détail est même poussé à fond lorsque vous déclenchez un combat sur une carte plaine, le décor des cartes monstres apparaissant en combat est modifié en conséquence. Ce sont des détails vraiment minimes mais qui contribuent à l’immersion et à l’effet “wow, ils ont pensé à ça”. Chaque personnage dispose également d’une compétence spéciale qui nécessite un très grand nombre de gemmes, avec en complément un effet d’attaque unique qui est également des plus soyeux. Rien n’est laissé au hasard et ça fait plaisir aux yeux.

Concernant la musique, avec Yoko Taro aux commandes, vous n’allez pas être déçus. Si vous avez joué à Nier, Nier Automata ou Nier Replicant, vous ne pourrez qu’approuver son style musical qui sublime chacune de ces œuvres. Voice of Cards n’y échappe pas et vous avez là une bande-son magnifique qui vous transporte complètement dans l’histoire. Le seul bémol sera cependant que la musique d’exploration du monde ne se modifie pas lorsque vous déclenchez un combat (hormis les combats de boss), mais ce n’est que pour chipoter car nous pouvons difficilement dire que la musique est gênante ici. Parfaitement appropriée à chaque instant du jeu, elle viendra ajouter sa petite touche dans l’immersion globale et en faire un jeu inoubliable après y avoir joué.

La carte bleue

Au final, c’est une aventure d’une dizaine d’heures qui vous attend pour la ligne droite, sans compter la fin du jeu qui n’est pas unique. Vous aurez alors l’occasion de relancer votre partie via un New Game + qui vous permettra de conserver tous vos objets, vos compétences et vos niveaux pour recommencer en roulant sur tout ennemi se trouvant sur votre chemin et chercher à acquérir les fins supplémentaires. Vous obtiendrez même un accessoire qui fera fuir automatiquement toutes rencontres aléatoires, n’activant ainsi que les combats obligatoires de l’histoire. Malheureusement, comme à mon habitude, j’ai encore “cassé” le jeu et ai trouvé une sorte de “glitch” permettant d’obtenir toutes les fins sans avoir à effectuer le NG+. Si vous sauvegardez juste avant le dernier boss et relancez votre partie depuis cet endroit après avoir fini le jeu une première fois, vous pourrez sortir du donjon de fin et avoir un NG+ sans vraiment l’avoir déclenché, vous permettant ainsi de revenir sur tout ce que vous avez manqué et débloquer le dernier donjon caché par la même occasion. Toutefois, même en usant de cette combine, vous allez vous rajouter environ cinq heures de jeu pour tout débloquer correctement et obtenir toutes les fins différentes (moyennant de rebattre le boss final à chaque fois). Qui sait, vous obtiendrez peut-être la vraie fin du jeu si vous êtes attentifs.

A titre purement personnel, ayant adoré le jeu, j’ai craqué pour les DLC optionnels dans la boutique. Afin de protéger votre portefeuille, je vous le dis tout de suite, ceux-ci n’apportent absolument rien de plus que de l’esthétique. Lors de votre aventure, et surtout en jouant dans la salle de jeu, vous débloquerez des éléments cosmétiques. Ces éléments peuvent être modifiés à l’écran titre, aux côtés de ceux obtenus via le DLC et une petite icône avec des pièces indique ceux qui ne sont obtenables que via achat eShop. En revanche, s’il y a bien un DLC que je recommande très fortement d’acheter pour enrichir votre expérience de jeu, c’est celui des musiques alternatives “Mélodie de Devola” à 2,99€. Bien que les musiques de base soient sublimes, celles de ce DLC le sont tout autant en apportant une ambiance différente mais respectant tout aussi bien l’univers du jeu. Ce n’est bien évidemment pas une obligation mais j’ai adoré refaire la découverte du jeu avec ces nouvelles mélodies. Les autres DLC ne sont que purement esthétiques et n’apportent au final rien de plus, les ensembles proposés étant de nombreuses références aux autres univers de Yoko Taro.

Summary
Voice of Cards: The Isle Dragon Roars est un RPG narratif qui ne se prend pas la tête. L’ensemble de l’interface est régie par des cartes et apporte une petite touche “jeu de rôle” très intéressante à chacune de vos actions, y compris en combat. La présence de Yoko Taro apporte un univers aux facettes multiples, des graphismes vraiment bien soignés et une bande-son des plus sublime. Avec ses différentes fins, le jeu saura apporter réconfort à votre porte-monnaie malgré sa durée de vie relativement courte. Plus qu’un simple jeu, Voice of Cards propose une ambiance immersive et des personnages attachants. En revanche, hormis le set des musiques alternatives, la présence des DLC entache un peu l’ensemble bien que ce soit optionnel. Cela reste en tout cas un jeu Square Enix qui est plaisant avec une histoire et une prise en main simples et efficaces. N’hésitez pas à le découvrir par vous-même !
Good
  • La narration et la voix du narrateur parfaites
  • Une scénario simple et efficace
  • Des graphismes simples mais extrêmement bien soignés
  • Toute l’interface gérée par des cartes et le soin qui y est apporté
  • Une musique impeccable et sublime
  • Un univers assez riche avec une seconde lecture
  • Plusieurs fins possibles
  • Des mécaniques de jeu de rôle très bien utilisées
  • Le jeu de carte apporte un supplément sympathique
Bad
  • La durée de vie est tout de même courte malgré les différentes fins
  • New Game + quasi optionnel avec le “glitch” trouvé
  • Le scénario qui est un peu trop prévisible
  • Les DLC sont un peu chers pour le peu de changement esthétique apporté
  • Le jeu de carte propose peu de rejouabilité malgré ses bonnes idées
8.4
Génial
Scénario - 8
Gameplay - 9
Graphismes - 8
Bande-son - 10
Accessibilité - 8
Ambiance - 10
Durée de vie - 6
Written by
Grand fan de fantasy, de mangas, et d'animes, j'ai passé des années à lire de nombreux bouquins et corriger les fautes d'orthographe dans des équipes de fansub et scantrad. Joueur occasionnel de LoL, addict aux jeux de société, aux jeux de rythme et à Nintendo, je suis désormais rédacteur/testeur pour Nintendo-Town. Ma plus grande passion : Pokémon ! (surtout Lucario)

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