Battle Hunters (Nintendo Switch) – Le test

Battle Hunters, du studio australien Phase Two Games, tente de se faire une petite place dans le monde des RPG. Ce genre, qui a vu naître des pépites du jeu vidéo depuis les années 1970, est donc hautement concurrentiel et possède de multiples branches. Il est temps de voir où se situe ce titre, quelles sont ces influences et si finalement il mérite votre investissement.

Donnez-moi vos références

Tout commence dans une forêt, vous êtes tranquillement en train de boulotter votre dernière prise quand soudain, un mage, l’Ancien, vient vous avertir via son hologramme que le monde court un grave danger car un mal essaie de s’incruster dans la place. Seul son pouvoir lui permet de contenir ce mal, mais il faiblit et aura besoin de votre aide et de celle de tous les compagnons que vous trouverez sur votre route.

Comme scénario, ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais il y a pire. Ce qui est intéressant, c’est la mention de « tous vos compagnons », ça rappelle un certain Suikoden sur PSone avec ses cent un personnages à intégrer dans l’équipe. Et bien, bonne nouvelle, les développeurs de Battle Hunters doivent visiblement connaître leurs classiques puisqu’il propose d’enrôler pas moins de vingt-huit compagnons. Certes, c’est moins foisonnant que dans un Suikoden, mais ce n’est pas le même budget…

L’intention est louable, et elle ne s’arrête pas là. Tous ces personnages sont différents et nous demanderont de bien réfléchir à nos associations. Je ne parle pas d’entente entre eux ou d’alignement qui rendraient leur union incompatible comme dans un Ishar. Non, je parle de former une équipe adaptée aux monstres que nous allons croiser. Ne mettre que des sorciers face à une horde de brutes nous fera risquer le dépouillement. En Ajoutznt à notre équipe un tank et nous aurons trouvé un équilibre plus viable. A nous d’accoupler comme il se doit les magiciens, chevaliers (blanc ou noir), archer, pratiquant d’arts martiaux ou encore ninja, robot ou démon.

La seconde influence bien visible concerne les combats, ceux-ci rappellent grandement un autre monstre du RPG : Grandia. La jauge ATB a disparu et le tour par tour est bien plus plus rapide, mais le principe reste le même : nos personnages peuvent être déplacé lors de leur tour, puis ils peuvent attaquer et en fonction de leur place sur la scène de combat, ils enchaîneront les attaques à distance ou à courtes portées. Une jauge d’attaque spéciale se remplira au fur et à mesure du combat. Son déclenchement adéquat dépendra de notre placement sur la carte : attaque en ligne, attaque rebondissante entre des ennemis proches et autre joyeusetés capable d’étourdir les ennemis…

Le résultat est prenant et donne des combats dynamiques qui nécessitent beaucoup d’attention.

 

Les chasseurs de batailles

Si la mise en bouche est appétissante, le manque de moyen se fait toutefois vite sentir : le scénario, après le pitch de départ, n’évolue plus. Nous devons avancer de monde en monde en récupérant divers objets qui débloqueront notre chemin et notre avancée : « Ah lala, je ne peux pas avancer à cause des champignons qui émettent des fragrances mortelles », quelques pas plus loin : « bonjour, je suis un marchand et si vous tuez les monstres au carrefour suivant, je vous donnerai un potion qui immunise contre les toxines de champignons »… pratique non  ?

Les décors et les monstres sont eux aussi très classiques, les paysages s’enchaînent sans vraiment marquer : une forêt, un marécage, une montagne…. Pour les monstres nous rencontrerons du troll, du gobelin, des araignées géantes, des scorpions géants ou encore des squelettes. La modélisation de ceux-ci et des environnements est entièrement en trois dimensions, ça ressemble à du Warcraft 3 mais en un peu lissé. Le style est un mélange entre une figurine pop et le bestiaire de Warhammer. Le résultat n’est ni très original ni vraiment beau mais il permet de voir évoluer des personnages très variés évitant ainsi le phénomène de lassitude.

La profondeur de champ est très faible, il est très difficile de voir à plus de deux pas du lieu où se trouvent nos héros. La carte vient alors grandement aider notre orientation, elle est accessible à n’importe quel moment du jeu, se complète au fur et à mesure de nos pérégrinations et des points de téléportations permettent une navigation assez souple. Mais même ainsi, il arrive souvent de louper une porte ou un coffre, obligeant nos héros à devoir refaire le tour de la map en longeant les bords pour chercher à quoi sert l’objet précédemment trouvé.

Battle Hunters dispose de trois niveaux de difficulté jouant sur le niveau d’attaque des ennemis. En mode normal, l’avancée se fait assez régulièrement, les combats demandent beaucoup d’attention mais une fois le coup pris, la mort ne vient pas souvent jouer les troubles fêtes. Le levelling est assez naturel : à nous de choisir quelles capacités de nos héros augmenter. Le choix est toutefois assez limité entre l’attaque, la défense, l’esquive et l’amélioration des attaques spéciales. Nous pouvons aussi acheter des potions, qui augmenteront nos capacités pendant les combats, ainsi que des denrées qui nous rendront de la vie pendant les combats. Celle-ci ne se régénère pas automatiquement, à moins que nos héros soient dans la réserve.

Notons qu’aucune gestion de l’équipement ne viendra nous perturber. L’équipe seule est à gérer. De ce fait, les personnages choisis sont souvent les mêmes, ils ne sont mis dans la réserve que pour retrouver leur santé et seule l’arrivée de nouveaux héros d’un rang égal viendra modifier notre équipe durablement. Le titre de Phase Two Games nous occupera pendant une bonne quinzaine d’heures, ce qui vu son prix de 15€ est assez satisfaisant. Il est entièrement traduit en français, ce qui est suffisamment rare dans le monde des jeux indépendants pour être souligné.

Conclusion
Une petite douceur qui ne prend pas la tête et qui se laisse déguster durablement, voilà comment qualifier Battle Hunters. Son challenge très bien dosé associé à ses mécaniques simples, classiques et efficaces vous occupera pendant un bon moment tout comme la recherche de nouveaux membres pour votre équipe. Ses graphismes sont efficaces même si la profondeur d’affichage est ridicule et nuit à la progression. L’absence quasi totale de musique in-game empêche malheureusement le titre de se savourer sur de longues sessions.
Points positifs
  • Les combats sont très dynamiques
  • La gestion des équipiers est très agréable
  • Chaque personnage à ses qualités et ses défauts qu’il faut assimiler
  • Les graphismes en mode Warcraft III lissé sont sympathiques
  • Le rapport durée de vie/prix est très avantageux
  • Entièrement traduit en français
Points négatifs
  • Quasiment aucune musique en jeu
  • Un scénario anecdotique pour un RPG
  • L’avancée par collecte d’objets fait très datée
  • L’évolution et la personnalisation de nos personnages sont quasi inexistantes
  • La profondeur de champ est ridicule
6.4
Correct
Graphismes - 6
Musiques - 3
Système d'équipe - 7
Prix / Durée de vie - 8
Système de combat - 8
znicoboc
Ecrit par
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW fut une révélation , le plaisir est encore plus fort qu'avant

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