Anna’s Quest (Nintendo Switch) – Le test

Anna’s Quest est un titre qui a une saveur particulière pour moi. Déjà présent dans ma bibliothèque Steam depuis sa sortie en 2015, il a été le premier jeu que j’ai partagé avec ma fille, âgée de 4 ans à l’époque. Arrivée dès les prémices de ce périple rappelant les contes des frères Grimm, elle a tout de suite voulu suivre les aventures d’Anna, il me fallait alors lui lire l’ensemble des dialogues, quitte à prendre une voix différente pour chacun des personnages rencontrés. La perspective de retrouver le jeu développé par Krams Design et édité par Daedalic Entertainment, sur ce qui est pour moi la meilleure console que j’ai jamais possédée, est forcément un événement en soi et c’est avec un plaisir non dissimulé que j’effectue ce test en compagnie de ma fille, qui n’a pas su résister à ces retrouvailles vidéoludiques.

Il était une fois…

Le fait qu’une petite fille âgée de 4 ans à l’époque et qui dépasse tout doucement les 10 ans maintenant soit intéressée par Anna’s Quest n’a rien d’étonnant. Dès les premières minutes du jeu, nous sommes happés dans cet univers qui semble bien doux pour notre pauvre héroïne. Elle vit au fin fond d’une forêt avec son grand-père, dans une ferme nichée au beau milieu d’une clairière. Si la vie avec son papi est agréable, celui-ci prend de l’âge et les travaux qui doivent être effectués par Anna lui prennent de plus en plus de temps sans que cela ne la gêne pour le moins du monde.

Sa vie s’écoule ainsi doucement et sereinement, jusqu’au jour où son grand-père tombe malade. Anna se voit alors contrainte de quitter la ferme pour trouver un remède. Mais à peine a-t-elle mis les pieds dans la forêt qu’elle se fait kidnapper par une mystérieuse femme qui souhaite réveiller les pouvoirs télékinésiques d’Anna. C’est à partir de ce moment que nous prenons le contrôle de cette héroïne à laquelle nous sommes déjà fortement attachés, et ce n’est pas le reste de l’aventure qui y changera quoi que ce soit.

L’histoire que nous allons vivre ne manque pas de retournements de situations et de révélations. En dehors du premier chapitre qui se termine en une poignée de minutes, servant davantage de tutoriel, chacun des chapitres suivants demandera de la logique, des combinaisons d’objets, qui sont les maîtres-mots des point’n click, ainsi que, petites surprises, l’utilisation des pouvoirs psychiques d’Anna. Sans être une révolution, cette capacité ajoute un peu de diversité dans les situations que nous allons rencontrer.

Très vite, nous aurons aussi à nous déplacer dans plusieurs tableaux pour réussir à mener notre avatar vers le remède pour son grand-père. Chacun de ces écrans est construit intelligemment avec ses items à observer, à découvrir et à utiliser pour débloquer de nouveaux secrets. Gameplay moderne oblige, un appui sur le stick droit du joy-con et l’ensemble des points d’intérêt apparaîtra à l’écran, nous évitant ainsi de perdre un temps conséquent juste parce que ces satanés 3 pixels qui dépassent sont en fait un objet important. Oui, je parle de toi Indiana Jones et le destin de l’Atlantide ! Je ne t’ai pas oublié !

Là tu pointes puis tu cliques

Les raccourcis de cette version Switch sont plutôt bien pensés. Ils permettent, au choix, de profiter d’un écran sans aucune interférence, soit d’un menu pratique pour utiliser les objets ramassés à la chaîne lors des moments de perdition, pendant lesquels toutes les tentatives, aussi futiles soient-elles, sont faites. Il faudra pour cela utiliser les touches directionnelles de nos manettes, gauche et droite pour faire défiler les items, bas pour entrer dans le sac. Pour le reste, nous déplaçons Anna et une fois proche d’un objet, celui-ci fait apparaître un rond, sélectionnable avec le stick droit, sur lequel apparaissent les trois options, observer, prendre ou utiliser l’item dessus. Très classique mais toujours aussi efficace.

D’un point de vue graphique, Anna’s Quest a aussi de quoi attirer l’œil des plus jeunes d’entre nous. Le titre entier de Krams Design nous donne l’impression d’évoluer dans un dessin animé, mais il ne faut pas se laisser bercer d’illusions par ces traits qui semblent si enfantins. L’univers qui nous entoure est dur, à la manière d’un conte des frères Grimm. Toutefois, la vision d’enfant de notre héroïne a vite fait de transformer cette laideur en quelque chose d’innocent. Ainsi, que ce soit du cachot dans lequel nous a enfermé la sorcière jusqu’à la ville médiévale, et en passant par les enfers, tous ces lieux visités ont d’abord et avant tout un aspect magique et coloré.

Il est toujours agréable de s’y promener et d’en découvrir les mille et un secrets. Si aucune énigme ne se veut illogique, la recherche des objets à découvrir se fait assez naturellement dans cet environnement parfaitement maîtrisé. De même, les sous-titres apparaissent clairement à l’écran que ce soit en mode docké ou en nomade. Pour les amateurs de VO, tous les textes sont doublés en anglais, il n’est alors plus nécessaire d’afficher de textes à l’écran, renforçant davantage notre implication dans cette histoire. Ces doublages sont d’ailleurs de qualité et ils font beaucoup quant à l’attachement que nous éprouvons très vite pour Anna.

Ce portage sur console n’a donc rien à envier à sa version sortie en 2015 sur PC, et le fait de pouvoir emmener ce titre bien au chaud où nous le souhaitons pour en profiter fait de cette version la plus agréable à jouer. Sa durée de vie dépendra bien sûr de la facilité à résoudre les énigmes mises en place, mais il faut compter avec une bonne dizaine d’heures pour en voir le dénouement. Avec un tarif de 20€, c’est une durée de vie honnête, il est juste regrettable que cette version ne s’accompagne d’aucune nouveauté.

Summary
Si Anna’s Quest n’est pas le point’n click le plus connu de Daedalic Entertainment, il mérite largement une place dans la logithèque des fans du genre. Son univers de conte de fée sombre et décalé se marie parfaitement à l’aventure que nous parcourons dans des graphismes superbes. Loin d’être cousue de fil blanc, la narration du titre de Krams Design apporte son lot de retournements de situations. Enfin, si les énigmes ne révolutionnent en rien le gameplay, la petite touche apportée par la télékinésie est agréable. Un titre parfait pour faire découvrir le point’n click et ses mécaniques aux plus jeunes tout en restant attrayant pour les plus aguerris.
Good
  • Les graphismes sont superbes et détaillés
  • Le titre est adapté aussi bien aux enfants accompagnés qu’aux adultes
  • La narration est prenante du début à la fin et apporte son lot de révélations
  • Les textes restent parfaitement lisibles en nomade
  • Le gameplay agrémenté de la télékinésie est classique mais parfaitement fonctionnel
  • La durée de vie est honnête compte tenu du prix
  • Les énigmes sont toujours logiques et se renouvellent constamment
  • La traduction textuelle en français est fidèle
  • Le doublage est de qualité…
Bad
  • Aucune nouveauté sur ce portage n’est disponible
  • … mais il n’est disponible qu’en Anglais
8.5
Génial
Graphismes - 9
Musiques - 7
Gameplay - 8
Narration - 10
Enigmes - 8
Portage - 9
Written by
après 35 ans de jeux vidéos et un plaisir de jouer de plus en plus émoussé, l'arrivée de Zelda BOTW et l'émergence de la scène indé fut une révélation, le plaisir est encore plus fort qu'avant

1 Comment

  1. Et en ce moment il est à -50% sur le store. Alors je vais suivre vos avis

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