Avant de démarrer ce test de Cecconoid du studio Triple Eh ?, commençons par un coup de gueule. Rien que ça. Oui il est difficile de se faire une place pour un studio indépendant sur l’Eshop, mais un site comme Nintendo Town, avec plus de six cents tests par an, est fait pour donner de la visibilité à de tels projets. Il n’est pas nécessaire de chercher à tromper le joueur en lui faisant miroiter une remise extraordinaire. Et c’est malheureusement ce que fait Triple Eh ?. En effet, à peine sorti sur l’Eshop, son titre affiche une remise de -90 % le faisant passer d’un prix totalement abusé, soit 24 €, à ce qu’il vaut réellement, soit 2,40 €. Voilà, maintenant que cet a priori est évacué, nous allons pouvoir commencer ce passage en revue de Cecconoid.

Cybernoid et Robotron, c’était mieux avant

Tout va mal pour le vaisseau Equinox : le vil Stormlord et sa clique d’Exolons veulent en prendre le contrôle. Heureusement, à bord de notre Samouraï-1, nous allons pouvoir contrer cette invasion. Voilà pour le scénario de base, autant dire qu’il ne casse pas trois ailes à un vaisseau spatial, mais avouons que c’est loin d’être l’élément le plus important d’un tel titre et embrayons directement sur la suite.

Cecconoid se réclame de Cybernoid, un jeu initialement sur Zx-Spectrum, un ordinateur 8-bits sorti en 1982. Pour bien montrer sa volonté de lui rendre hommage, il arbore une esthétique très minimaliste basée sur 2 couleurs : le blanc et le rouge, avec un code très simple : rouge égal mortel. Si ce choix est, en soi, intéressant, il caricature énormément ce dont étaient capables les jeux de cette époque qui affichaient davantage de couleurs malgré les capacités limitées des machines sur lesquels ils tournaient. Nous pouvons d’ailleurs considérer les programmeurs de cette époque comme extrêmement doués vu la façon dont ils devaient bidouiller pour repousser toujours plus dans leur retranchement les machines.

Cecconoid affiche tout de même une taille de 89 Mo, nous sommes loin des 26 Ko de son ancêtre. Et pourtant, bien que disposant de bien plus de capacité, Cecconoid se montre bien moins prolixe que son modèle. Oubliant le shoot’em up en tir horizontal, il semble vouloir offrir une aventure plus dynamique en ajoutant une couche de Robotron, l’ancêtre des Twin Stick Shooter, à son gameplay. Malheureusement ce qui aurait dû être une excellente surprise se transforme vite en un titre qui multiplie les mauvais choix.

De manière général, un shooter se doit d’être lisible, nous devons absolument pouvoir distinguer les tirs de nos ennemis, de ce côté il n’y a rien à reprocher au titre de Triple Eh ?, mais nous devons aussi pouvoir observer où nous tirons, surtout dans un Twin Stick. Or là, nos projectiles sont vraiment petits et les nuages de particules que déclenchent la mort de nos ennemis ou la destruction d’objets font que, la plupart du temps, nous ne distinguons jamais la trajectoire de nos lasers. Si les tirs horizontaux et verticaux ne posent pas trop de soucis, les tirs en diagonales perdent trop vite en précision pour être utilisés lors des moments de tension.

Le bonheur est dans la cruauté

Heureusement, nous pouvons détruire les missiles arrivant sur nous. Une fois que l’on a compris cette particularité de Cecconoid, nos morts sont nettement moins nombreuses, d’autant plus qu’il est très souvent possible de quitter un tableau pour remettre à zéro les tirs ennemis, mais sans que réapparaissent ceux déjà tués. Il ne reste plus alors que les mines, les lasers et malheureusement les perfidies des programmeurs pour venir à bout de notre mission de sauvetage.

Car oui, le développeur de chez Triple Eh ? peut se montrer perfide. Comment s’y prend-il ? Et bien tout simplement en installant une mine qui explose à quelques centimètres de notre vaisseau dès notre apparition dans un tableau, en posant des murs qui n’en sont pas, en installant des lasers qui, durant toute la première partie du jeu, ne feront que nous bloquer avant de changer en devenant létaux dans la seconde moitié de nos aventures, et pour finir, en mettant en place des passages secrets qui permettront aux missiles de passer à travers les murs et venir nous surprendre.

Cela gonfle artificiellement la durée de vie et, si sur le premier tableau cela amuse un minimum, au trentième, c’est bien plus frustrant. D’autant plus qu’aucun système de sauvegarde ne viendra adoucir nos morts. Ce n’est pas gênant pour un jeu arcade, mais encore faut-il qu’il ne tente pas de nous piéger inutilement. Surtout que les situations rencontrées sont variées. Entre les différents types de mines et les différents types d’ennemis, il y avait de quoi varier les plaisirs.

Par contre, l’hommage à Cybernoid est soit très proche de son original, soit trop limité. Nous n’avons qu’une arme dans Cecconoid tandis que Cybernoid nous permettait d’en utiliser deux. Nous nous retrouvons maintenant avec un gameplay, certes plus nerveux, car plus rapide, mais d’une pauvreté accrue. Concernant les améliorations de notre armement, elles sont quasi identiques à ce que proposait le titre de 1982. Étant très complètes, c’est un bon point pour le titre de Triple Eh ?, mais quitte à retrouver les sensations de Cybernoid dans un jeu bien mieux réussi, il vaut mieux se diriger sur Astro Aqua Kitty.

Deux jeux en un c’est pas toujours plus malin

Lorsque l’on fait l’achat de Cecconoid, ce n’est pas un, mais deux jeux qui s’offrent à nous. En effet, nous bénéficions en bonus de Evgatron. un clone de Robotron, l’ancêtre des Twin Stick Shooters, qui nous offrait des parties courtes, mais intenses dans lesquelles notre pauvre héros devait sauver des humains tout en faisant face à des vagues de plus en plus denses de robots homicides.

Malheureusement, Evgatron ne propose rien de vraiment nouveau et surtout aucun classement mondial ne vient motiver nos tentatives. Il est certes plaisant d’affronter des vagues d’ennemis, mais sans but cela devient vite lassant. D’autant plus que notre vaisseau semble pataud face à tous ces ennemis, que les problèmes de visibilité de nos tirs sont toujours présents et que notre armement se réinitialise à chaque nouveau tableau.

La bande-son électro tentera bien, comme elle le pourra, de nous maintenir motivés pour aller toujours plus loin, mais elle ne peut pas tout faire à elle toute seule. Des titres comme Bezier Second Edition, 2urvive ou encore Synthetik : Ultimate nous paraissent être des Twin Stick Shooters bien plus intéressants avec des graphismes et des mécaniques plus diversifiés. Et surtout proposant des modes multijoueurs. Si en 1982, Robotron avait l’excuse de la jeunesse pour ne rien proposer de tel, rendre hommage ne signifie pas faire une croix sur les évolutions de notre média.

Conclusion

5.2 /10

Malgré un vrai capital sympathie de par son système de jeu mélangeant Twin Stick Shooter et exploration, Cecconoid ne réussit jamais à décoller. Son enfumage sur son prix de départ ainsi que sa durée de vie artificiellement gonflée par certaines vilenies en font un jeu frustrant. De plus, son manque de mécaniques de jeu ne lui permet jamais d’offrir un challenge intéressant et ce n’est pas son petit jeu bonus qui viendra relever le niveau. Pour finir, proposer une expérience arcade sans classement mondial est difficilement acceptable à l’heure actuelle et finit par sceller le sort d’un titre que nous aurions aimé apprécier. Tant pis pour lui.

LES PLUS

  • Le mélange exploration/Twin Stick Shooter est toujours intéressant
  • Les graphismes rétro en blanc et rouge sont plutôt réussis
  • Les nuages de pixels à chaque destruction rendent bien
  • La bande-son électro fait correctement le taf
  • Les secrets cachés ajoutent un peu de piments à l’exploration
  • Le système d’améliorations est efficace

LES MOINS

  • La réduction de 90 % sur le prix de départ est un enfumage en règle
  • Aucune mécanique ne s’ajoute à ce Twin Stick Shooter
  • Nos tirs sont trop souvent indiscernables et notre visée en pâtit
  • Les pièges gratuits c’est vite lassant
  • Pas vraiment un hommage à Cybernoid, encore moins à Robotron
  • Pas de classement en ligne pour un jeu arcade, ce n’est pas sérieux

Détail de la note

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